Le serment
Le Serment en Brezhoneg
M’hen tou da c’houren gant lealded
Hep trubarderez na taol fall ebet
Evit ma enor ha hini ma bro
E testeni eus ma gwiriegez
Hag evit heul kiz vad ma zud koz Kinnig a ran d’am c’henvreurma dorn ha ma jod.
Le Serment en Gallo
Je m’ajurr a lutae o net de la dreitór
Saun blescharderiy e saun maugraem
Pór mon enór
E pór l’enór de mon paèiz.
Pór seinefiae mon onestetaé
E continuae la cóstum a mez ancien,
A mon consort je viens dirr
“Veici ma maen, veiloe ma jot !”
Sa traduction en français
Je jure de lutter en toute loyauté
Sans traîtrise et sans brutalité
Pour mon honneur et celui de mon pays
En témoignage de ma sincérité
Et pour suivre la coutume de mes ancêtres
Je tends à mon partenaire ma main et ma joue.
Le serment est prêté en début de rencontre sportive. Les lutteurs sont alignés sur deux lignes se faisant face. Main droite levée, coude plié, ils prêtent tous le serment.
Les deux premiers couplets font référence clairement à une pratique honnête du combat, sans violence, quel que soit le résultat final. Il s’agit là bien entendu des fondamentaux de toute pratique sportive…
La référence au “pays” n’est pas une expression nationaliste. Il s’agit en fait plutôt du Pays “groupe de communes” (par exemple Pays de Vannes = Bro Gwened) ou même de la commune, voire tout simplement de son groupe (quartier ou corps social). Il s’agit ici d’une référence classique dans les luttes traditionnelles, et en particulier celles avec une forte assise rurale : la lutte était utilisée pour mesurer de façon amicale sa force et son habilité en défendant la réputation du village, lors des fêtes liées aux travaux agricoles collectifs ou les aires neuves.
La référence à la coutume et aux ancêtres parle d’elle même, il s’agit du rappel à l’aspect culturel et la revendication par les lutteurs d’aujourd’hui d’une origine vieille de plusieurs siècles.
Enfin, l’accolade se donne sur le dernier couplet, chaque ligne de lutteur s’avançant l’une vers l’autre, scellant ainsi le pacte avec chaque partenaire. L’accolade donnée en début et en fin de chaque combat rappelle à chacun qu’il a prêté le serment.
Pour en savoir plus :
Gouren, lutte et défis d’un sport breton, Lena Gourmelen, Jean-Daniel Bourdonnay et Eric Legret, Coop Breizh, 2005, 144 p. Ouvrage qui peut être commandé à la Fédération de Gouren.
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