La pratique au XIXième siècle
La pratique au XIXième siècle
Au XIXième siècle, la Bretagne est une destination prisée des mouvements artistiques. De nombreuses oeuvres et évocations artistiques représentent spécifiquement la lutte bretonne. L’esthétisme des corps, le caractère pittoresque, la comparaison avec la lutte biblique attirent les artistes. De grands noms y contribueront : Gauguin
, Paul Sérusier pour la fin du siècle ne doivent pas effacer des artistes du début du XIXième, moins connus de nous aujourd’hui.
Ce mouvement se poursuivra au XXième siècle (Mathurin Méheut pour les plus célèbres). Ces périodes sont donc documentées, même si là encore peut-être idéalisées selon les visions de l’époque de la recherche de “l’authentique”…L’apparition de nombreuses photographies de lutte bretonne va néanmoins confirmer ces ressentis artistiques, et finalement vont montrer les faits véritables et non déformés.
Au XIXième, la pratique de la lutte doit faire face à deux mouvements qui vont en atténuer sensiblement l’importance et poursuivre l’action du clergé opposée à cette pratique : d’une part une popularité qui reste toujours forte, mais avec une image de plus en plus proche de la lutte spectacle, associée parfois à des cirques itinérants et une certaine dénaturation des valeurs initiales (la recherche du gain des lots l’emporte sur la lutte pour l’honneur ) vers la fin de ce siècle ; et d’autre part la pénétration dans le mode de vie rural d’idées nouvelles, urbaines et industrielles.
La défaite de 1870, la relance des idées de nationalisme/patriotisme, la recherche de la revanche sur l’Allemagne vont de nouveau exalter les sports et l’exercice physique. En Bretagne en cette fin de siècle, le football et le cyclisme vont surtout en bénéficier, au détriment de la lutte bretonne. L’Etat nation et le “creuset” républicain va s’opposer aux particularismes culturels et régionaux.