Et maintenant ?
Et maintenant ?
Depuis le milieu des années 1990, le nombre de pratiquants de Gouren a doublé, notamment sur les effectifs les plus jeunes. On y voit ici le résultat du travail de fond engagé par la Fédération de Gouren : le travail de reconnaissance de la formation interne ; la possibilité d’obtenir une accréditation nationale pour nos moniteurs ; la possibilité de recruter des salariés en emplois jeunes qui ont appuyé le développement de nouveaux skolioù et les initiations en école permettant de toucher aujourd’hui un public plus important.
Ainsi, le Gouren est clairement une tradition qui a muté et qui est devenue un sport ; mais ceci n’empêche pas que ce sport doit maintenant se soumettre aux contraintes modernes.
Tout cela reste fragile et nous ne sommes pas à l’abri d’une perte d’intérêt de ce sport pour les plus jeunes, comme semblent nous le faire craindre certaines tendances récentes. Les modèles sociaux et sportifs sont toujours en cours d’évolution. L’avènement de la TNT et de nouvelles chaînes télévisées popularisent la vision du catch spectacle américain ; la demande sociétale sur les sports reste forte et croissante ; la diversité des possibilités de pratiques sportives grandit chaque jour, induisant même une concurrence entre elles et des comportements de pratiquants/consommateurs plutôt que de pratiquants/acteurs ; et aussi tout simplement le développement de la mondialisation et de l’uniformisation culturelle, le retour de l’”idéal” républicain uniformisant et de l’Etat centralisant, la diminution des budgets culturels et sportifs pour les sports ne menant pas à la médiatisation olympique malgré le soutien actif de nos collectivités territoriales, l’individualisme et la précarité sociale …
Encore aujourd’hui plusieurs visions coexistent parmi nous, les bénévoles du gouren, sur les actions devant être menées pour assurer la continuité de notre sport. Même si dans la forme des différences peuvent apparaître, tous nous partageons une conviction : si demain nous n’avons plus suffisamment de pratiquants, si nous n’avons plus de renouvellement de nos bénévoles, ce sport, ses valeurs et ses apports ne se transmettront plus et disparaîtront parce qu’il n’est pratiqué régulièrement presque exclusivement qu’en Bretagne. Et si la persistance du Gouren semble assurée là où un réseau important de skolioù est présent, ailleurs en Bretagne la situation n’est pas la même.
Maintenir une pratique et la développer, assurer sa transmission, que ce soit par le haut niveau ou par l’accès au plus grand nombre, sont donc des actions complémentaires et vitales, quels que soient les chemins à prendre et la diversité des actions à réaliser. L’histoire récente du Gouren a montré que des sursauts sont possibles. Mais aussi que les différents “sauvetages” de notre sport n’ont pas empêché les périodes de récession et de risque de disparition de sa pratique, comme tant de luttes traditionnelles avant lui …
Pourtant, le Gouren, avec ses valeurs de solidarité et de respect de l’autre, est une des réponses aux enjeux du moment.
C’est pourquoi nous sommes tentés de te dire à toi, pratiquant ou futur pratiquant, ce sport vivra par toi, et ta pratique du Gouren décidera de son avenir !