Histoire

Quelques précautions de lecture

Outre les textes qui suivent et qui sont plutôt destinés à des adultes, vous pouvez aussi consulter :

Les sources des textes qui suivent sont principalement "Gouren, lutte et défis d’un sport breton", de Lena Gourmelen, Jean-Daniel Bourdonnay et Eric Legret,de 2005, "Gouren, traditions de lutte en Bretagne", de Maël Yann Kerdraon en 2004, et la thèse d'Aurélie EPRON (travail universitaire de 2008), et pour la partie actuelle, le ressenti de bénévoles moniteurs et initiateurs.

Précautions de lecture (avis personnels des auteurs) Il est très difficile de présenter une histoire "vraie" de la lutte bretonne. Tout d'abord parce qu'il ne nous en reste que peu de traces quant aux origines. Ensuite parce que le Gouren, appellation moderne de la(es) lutte(s) bretonne(s), peut aussi avoir créé ses propres "mythes" et idéalisé son histoire lors des différentes étapes de sa structuration. Mais après tout, on s'en moque un peu de l'histoire "vraie". L'essentiel est que nous pratiquions un sport et que nous partagions des valeurs riches, en étant acteurs d'une passion et d'une certaine culture collective de la Bretagne d'aujourd'hui. Le gouren, pour nous, est un mode de vie sociale et solidaire, et avant tout un sport collectif. A défaut de pouvoir garantir à 100 % ses origines lointaines, on sait que la lutte bretonne était pratiquée par de nombreuses générations avant nous et ce n'est déjà pas si mal. Et pas besoin de certificat de "celtitude" ou de "bretonnitude" pour la pratiquer !

Quoiqu'il en soit, en essayant d'être le plus proche d'une possible réalité, voici quelques pistes sur l'origine sûrement très ancienne de la lutte bretonne et sur l'histoire de sa transmission et de sa persistance jusqu'à aujourd'hui.

Les origines

Elles remonteraient aux migrations en Bretagne armoricaine des groupes celtes venus de Grande Bretagne (Cornouaille et Pays de Galle), mélangés eux-mêmes à des groupes originaires d'Irlande.

Ces migrations sont successives du IVième au VIIième siècle sous la pression des Germains (Angles et Saxons) qui colonisent dans le même temps les Îles Bretonnes.

La lutte bretonne serait née du brassage entre les luttes pratiquées par ces groupes de migrants et la lutte armoricaine continentale du haut Moyen-Âge. Mais tout cela resterait bien incertain, même si la persistance prouvée de luttes celtiques proches de la lutte bretonne, en Irlande, aux Pays de Galle et en Cornouaille britannique, renforce cette hypothèse. L'Irlande n'aurait que très récemment (fin XIXième ?) perdu trace de la pratique de sa lutte (Collar and Elbow), qui resterait pratiquée aux USA, importée par les colons irlandais.

Les premières représentations attestées de luttes celtiques

Elles remontent au IXième siècle, en Irlande principalement (cf ci-contre la croix de Kells), en la présence de textes relatant des jeux gaéliques ou des sculptures sur des croix ou des monuments religieux.




Du Moyen-Âge à la Révolution française

Au Moyen-Âge, les traces de la pratique de la lutte bretonne sont mieux renseignées. On la retrouve autour de tous les évènements festifs, que ce soit au niveau de l'aristocratie et de la royauté qu'à celui du peuple. Fêtes ludiques ou spectacles de premier choix, moments de détente, fêtes rurales, fêtes religieuses (les "pardons"), toutes les occasions et toutes les catégories sociales deviennent terreau de lutteurs.

Déjà, les vainqueurs sont récompensés par des prix dont on retrouve trace dans les écrits des clercs de l'époque.

Au niveau du Royaume de France, les lutteurs bretons jouissent d'un certain prestige. Les lutteurs d'origine noble sont utilisés comme "champions", notamment lors de rencontres franco-britanniques, où les Cornouaillais remplissent le même rôle pour le Royaume d'Angleterre.

La littérature du Gouren fait souvent référence à une rencontre entre François Ier et Henri VIII d'Angleterre, en 1520, au camp du Drap d'Or (vers Calais). Lors de cet évènement, des luttes ont lieu entre des lutteurs de Cornouaille britannique et des lutteurs français. Les combats sont gagnés par les Cornouaillais, et les Français déplorent l'absence des lutteurs bretons. Les rois eux-mêmes se mesureront, et les écrits mentionnent que François Ier, apparemment bon lutteur, aurait fait usage de techniques de lutte bretonne qu'il connaissait bien (il était usufruitier de la Bretagne par son mariage avec Claude de France, Duchesse souveraine de Bretagne, fille d'Anne de Bretagne).

Pour la classe noble, la lutte fait partie intégrale de la formation militaire. Elle est exaltée dans les romans de chevalerie où des évocations de prises ("tour de genou") réveillent des échos spécifiques aux luttes celtiques. Sa popularité irait jusqu'à la reconnaissance de la lutte comme droit seigneurial, au sens que le seigneur décide et réglemente l'organisation des luttes.

Moins documentées, les luttes du "bas peuple" sembleraient pour autant avoir été tout aussi présentes, et probablement pas seulement pour copier la classe nobiliaire. On en aurait tout simplement moins de traces écrites. La particularité bretonne de l'existence d'une très petite noblesse agraire explique peut-être cette proximité. Il faut aussi mentionner une spécificité de la société bretonne de l'époque, c'est le peu de distinction fait dans la pratique même de la lutte entre les nobles et le reste du peuple. Maël Yann Kerdraon rappelle que nobles et peuple se mélangent facilement dans les réunions de lutte. Il est ainsi mentionné que le jeune Bertrand Du Guesclin au XIVième siècle aurait participé en cachette à des luttes populaires (organisées par / pour le peuple sur Rennes) dont il était très friand.

Les documents décrivant cette pratique populaire plus précisément seront produits plus tard, notamment vers le XVIième siècle. Les luttes sont pratiquées lors des fêtes rurales (aires neuves, battage, moissons, etc.) ou lors des périodes hivernales.

 

Au XVIIIième siècle

Les descriptions de l'organisation de ces luttes semblent très proches de celles dont on retrouvera les thèmes classiques jusqu'à la fin du XIXième / début du XXième :
  • la réunion de lutte est très populaire ;
  •  une foule nombreuse se rassemble autour des lutteurs, produisant par son espace central des lices, ouvertes d'ailleurs à coup de baguettes dans la foule ou d'une poêle recouverte de graisse ...
  • des prix (chapeaux brodés, foulards, etc.) sont éventuellement exposés sur une perche à laquelle est parfois attaché le mouton ;
  •  les lutteurs ont les cheveux longs selon la mode bretonne, noués pour le combat ;
  •  un lutteur se saisit d'un prix et défie les autres lutteurs de venir le lui reprendre ;
  • les vainqueurs sont portés en triomphe les bras levés.
  • Les luttes sont associées à d'autres jeux (qui se retrouvent encore aujourd'hui dans les jeux bretons : lever d'essieu, tire à la corde, lever de la civière chargée de pierres, lancer de pierre lourde, lever de perche, bâton à bouillie). Les danses suivent les luttes.
 Dans quelles mesures ces représentations ne rendent-elles pas compte déjà d'une certaine idéalisation d'un mode de vie authentique ou héroïque ? Peu importe, la lutte bretonne se véhicule apparemment sous cette forme dans l'imaginaire collectif.

La position du clergé va évoluer : du soutien actif voire enseignant de lutte, organisateur et pratiquant jusqu'au XVIième siècle, le clergé va ensuite s'y opposer fermement au XVIIième lors de la Contre-Réforme, comme il va condamner tout divertissement populaire.

Ces tensions ne se calmeront que progressivement vers le XXième siècle. Ces condamnations vont être probablement responsables du repli géographique de la pratique de la lutte sur la basse Bretagne (Quimper, Sud des Monts d'Arrée), loin des centres de pouvoir religieux de Rennes, Dinan et Nantes.

La Révolution française reprendra à son compte les luttes, autour cette fois d'évènements républicains. Tout au long de cette période, la lutte sera une pratique populaire, dont les fondements reposent sur le jeu de force et d'adresse et sur la défense de l'honneur d'un groupe (paroisse principalement). Les lutteurs sont porteurs de valeurs collectives et de messages.

La pratique au XIXième siècle.

Au XIXième siècle, la Bretagne est une destination prisée des mouvements artistiques. De nombreuses œuvres et évocations artistiques représentent spécifiquement la lutte bretonne.

L'esthétisme des corps, le caractère pittoresque, la comparaison avec la lutte biblique attirent les artistes.

De grands noms y contribueront : Gauguin (le combat de Jacob contre l'ange)
, Paul Sérusier
pour la fin du siècle ne doivent pas effacer des artistes du début du XIXième, moins connus de nous aujourd'hui.

Ce mouvement se poursuivra au XXième siècle (Mathurin Méheut pour les plus célèbres). Ces périodes sont donc documentées, même si là encore peut-être idéalisées selon les visions de l'époque de la recherche de "l'authentique"...

L'apparition de nombreuses photographies de lutte bretonne va néanmoins confirmer ces ressentis artistiques, et finalement vont montrer les faits véritables et non déformés.


Au XIXième, la pratique de la lutte doit faire face à deux mouvements qui vont en atténuer sensiblement l'importance et poursuivre l'action du clergé opposée à cette pratique :
  • d'une part une popularité qui reste toujours forte, mais avec une image de plus en plus proche de la lutte spectacle, associée parfois à des cirques itinérants et une certaine dénaturation des valeurs initiales (la recherche du gain des lots l'emporte sur la lutte pour l'honneur ) vers la fin de ce siècle ;
  •  et d'autre part la pénétration dans le mode de vie rural d'idées nouvelles, urbaines et industrielles.
 La défaite de 1870, la relance des idées de nationalisme/patriotisme, la recherche de la revanche sur l'Allemagne vont de nouveau exalter les sports et l'exercice physique.

En Bretagne en cette fin de siècle, le football et le cyclisme vont surtout en bénéficier, au détriment de la lutte bretonne. L'Etat nation et le "creuset" républicain va s'opposer aux particularismes culturels et régionaux.

La renaissance au début du XXième siècle et la sportivisation : de la lutte bretonne vers le Gouren.

En 1901, les premiers clubs sportifs nationaux sont créés sur le modèle associatif de la même loi. La Fédération Française de Lutte est créée en 1913. Les défis et tournois traditionnels de lutte bretonne sont progressivement remplacés par des tournois modernes, toujours avec le style de lutte breton, mais sans défis, où l'on recherche un appariement des poids des lutteurs.

La lutte traditionnelle à la campagne recule au profit de lutteurs urbains à l'image plus "moderne". Mais elle reste semble-t-il tout de même bien présente dans l'esprit populaire breton, même si elle ne se pratique plus que dans un nombre très limité de villes/villages.

Le Docteur Cotonnec, de retour en Bretagne après ses études de médecine à Paris va relancer et moderniser la lutte bretonne. Dès 1913, suite à des contacts progressifs avec les mouvements culturels régionalistes, il s'intéresse à la lutte bretonne.

Mais la guerre de 1914-1918 produira malheureusement de fortes pertes dans les rangs des lutteurs bretons. En 1923, Tregonning Hooper crée en Cornouailles britannique la Fédération de lutte cornique, et rencontre le Docteur Cotonnec quatre ans plus tard.

Le 11 juin 1928, le Comité de Lutte bretonne est créé
. Il s'appuie dès le départ sur des rencontres internationales avec les lutteurs de Cornouaille britannique. Le 8 août 1928, le Docteur lance un appel dans la Dépêche de Brest dans lequel il évoque les valeurs et les gloires passées de la lutte bretonne.

Cet appel sera entendu au delà de toute espérance ; une foule massive (5 à 6.000 personnes) se présente pour retrouver ses anciens lutteurs le 19 août 1928 à Quimperlé. Dès lors, le Docteur et un petit groupe de personnes vont s'attacher à faire renaître cette pratique et la moderniser, portés par le double moteur de la conscience culturelle et des valeurs du sport (Pierre de Coubertin relançait depuis la fin du XIXième l'Olympisme autour des valeurs d'épanouissement individuel et de la cohésion sociale).

 Ils créent la FALSAB, Fédération des Amis des Luttes et des Sports Athlétiques Breton en 1930. Son oeuvre principale sera l'unification des différentes pratiques de lutte bretonne (jusqu'alors, les pratiques différaient d'un village à l'autre), et la relance de sa pratique et de sa médiatisation dans l'entre deux-guerres. Les prises dangereuses seront également proscrites, suite à des accidents malheureux (décès tragique de René Scordia). Ceci constituera la première étape de la sportivisation de la lutte bretonne.

Après la seconde guerre mondiale, les tournois sont relancés, mais plusieurs phénomènes vont probablement couper l'élan de cette renaissance de la lutte bretonne, que ce soit sur la pratique rurale ou urbaine de la lutte : comme au début du XXième siècle, à nouveau la repopularisation du football et du cyclisme, une accentuation de l'exode rural et l'hyper modernisation de la société rurale bretonne et des pratiques agricoles.

 Petite anecdote : les fêtes rurales de battage étaient encore l'occasion de réjouissances traditionnelles jusque dans les années 50 avec par exemple le lancé de la botte de paille, la course avec le sac de grain, etc., et la lutte ; l'apparition de la moissonneuse batteuse et la disparition de la mise en sac du grain vont faire disparaître ces fêtes, remplacées par des rencontres sportives dites modernes.

Dans les années 1962-1964, une scission va apparaître dans la FALSAB. Patrick Le Doarnig avance de nouvelles conceptions de la pratique de la lutte bretonne et crée sa structure BRUG et une fédération de lutteur (BAG - Bodadeg ar Gourenerien). Il lance la deuxième étape de la sportivisation vers le gouren. Il propose une nouvelle approche par la formation tout d’abord en répertoriant toutes les techniques de Gouren, en initiant les enfants (jusque là ce n’était qu’une pratique adultes) et en formant les cadres.

C’est le début de la pratique en club généralement dans les villes. Pour former les enfants, les techniques sont divisées en exercices afin de faciliter leur apprentissage. Jusque là, les transmissions étaient localisées. Un paysan-lutteur prenait sous son aile un poulain et lui montrait ses « coups ». L’apprentissage des autres techniques se faisait dans la confrontation en tournoi avec d’autres lutteurs.

Avec cette nouvelle approche, tout l’éventail des techniques de lutte est accessible au pratiquant quelle que soit son origine géographique en Bretagne. C’est aussi la période de la « bretonnisation » de la pratique. Le mot Gouren (Lutter) fait alors son apparition, ou tout au moins est confirmé à grande échelle, ainsi que toute la terminologie y afférant.

La troisième période de sportivisation commence dans les années 80 avec la réunification des deux fédérations de Gouren dans la Fédération de Gouren. C’est une phase d’adaptation à la législation et au modèle sportif. En 1990 la Fédération de Gouren s’affilie à la Fédération Française de Lutte. Elle obtient l’agrément sport et celui de l’Education Nationale. Des partenariats avec les collectivités sont mis en place. En 1995 le gouren ne compte alors que 700 pratiquants.

C’est en 1998 que le Gouren entame sa professionnalisation avec les emplois-jeunes. Cette phase amorce de nouveaux modes de fonctionnement, d’orientations et de développement.

Et maintenant ? Depuis le milieu des années 1990, le nombre de pratiquants de Gouren a doublé, notamment sur les effectifs les plus jeunes. On y voit ici le résultat du travail de fond engagé par la Fédération de Gouren :
  • le travail de reconnaissance de la formation interne ;
  • la possibilité d'obtenir une accréditation nationale pour nos moniteurs ;
  • la possibilité de recruter des salariés en emplois jeunes qui ont appuyé le développement de nouveaux skolioù et les initiations en école permettant de toucher aujourd'hui un public plus important.

Ainsi, le Gouren est clairement une pratique traditionnelle qui a survécu, muté et qui est devenue un sport.

Mais ceci n’empêche pas que ce sport doit maintenant se soumettre aux contraintes modernes. Tout cela reste fragile et nous ne sommes pas à l'abri d'une perte d'intérêt de ce sport pour les plus jeunes, comme semblent nous le faire craindre certaines tendances récentes.

Les modèles sociaux et sportifs sont toujours en cours d'évolution :
  •  L'avènement de la TNT et de nouvelles chaînes télévisées popularisent la vision du catch spectacle américain ;
  • la demande sociétale sur les sports reste forte et croissante ; la diversité des possibilités de pratiques sportives grandit chaque jour, induisant même une concurrence entre elles et des comportements de pratiquants/consommateurs plutôt que de pratiquants/acteurs ;
  • et aussi tout simplement le développement de la mondialisation et de l'uniformisation culturelle,
  • le retour de l'"idéal" républicain uniformisant et de l'Etat centralisant,
  • la diminution des budgets culturels et sportifs pour les sports ne menant pas à la médiatisation olympique malgré le soutien actif de nos collectivités territoriales,
  • l'individualisme et la précarité sociale ...
Encore aujourd'hui plusieurs visions coexistent parmi nous, les bénévoles du gouren, sur les actions devant être menées pour assurer la continuité de notre sport. Même si dans la forme des différences peuvent apparaître, tous nous partageons une conviction : si demain nous n'avons plus suffisamment de pratiquants, si nous n'avons plus de renouvellement de nos bénévoles, ce sport, ses valeurs et ses apports ne se transmettront plus et disparaîtront parce qu'il n'est pratiqué régulièrement presque exclusivement qu'en Bretagne.

Et si la persistance du Gouren semble assurée en Finistère Nord grâce à un réseau important de skolioù et un engagement historique de bénévoles, ailleurs en Bretagne la situation n'est pas la même. Maintenir une pratique et la développer, assurer sa transmission, que ce soit par le haut niveau ou par l'accès au plus grand nombre, sont donc des actions complémentaires et vitales, quels que soient les chemins à prendre et la diversité des actions à réaliser.

L'histoire récente du Gouren a montré que des sursauts sont possibles. Mais aussi que les différents "sauvetages" de notre sport n'ont pas empêché les périodes de récession et de risque de disparition de sa pratique, comme tant de luttes traditionnelles avant lui ... Pourtant, le Gouren, avec ses valeurs de solidarité et de respect de l'autre, est une des réponses aux enjeux du moment.

C'est pourquoi nous sommes tentés de dire au pratiquant ou futur pratiquant, "ce sport vivra par toi, et ta pratique du Gouren décidera de son avenir !"


En conclusion, nous donnerons la parole à Pierre Helias, qui en 1957 concluait ainsi sa préface à l'ouvrage de R.-Y. Creston, "la lutte Bretonne à Scaër" :

Maintenir la lutte bretonne est encore un moyen de garder le contact avec notre passé, ce passé qui conditionne notre présent et qui doit nous aider à préparer un avenir dont nous espérons fermement qu'il ne fera pas de nous des robots sans âme d'une planète sans joie.


Per-Jakez Helias